APPEL d'OFFRES de l’Etat sur des centrales
éoliennes en mer
Le 5 février dernier, la Direction Générale
de l’Energie et des Matières Premières publiait les conditions
d’un appel d’offre portant sur des centrales éoliennes en mer.
La France doit, en effet, assurer la production d’électricité
à partir de sources d’énergie renouvelable à hauteur
de 21% de sa consommation intérieure nationale brute, en 2010.
Le Premier Ministre, Jean-Pierre RAFFARIN, lors du Conseil Interministériel
de la Mer du 29 avril 2003, avait recommandé de réaliser
rapidement des expérimentations de centrales éoliennes en
mer.
Courrier de la Ministre aux Préfets littoraux le 13 octobre
2003 :
Nicole FONTAINE, Ministre de l’Industrie et Dominique BUSSEREAU, Secrétaire
d’Etat aux Transports et à la Mer, ont écrit aux Préfets
des départements littoraux, le 13 octobre dernier pour qu’ils jouent
un rôle actif pendant la phase d’appel d’offres et qu’ils œuvrent
pour que les projets retenus, d’intérêt public voient le jour
dans les délais prescrits.
Les conditions de l'appel d'offres :
L’appel d’offres porte sur une puissance installée de 500 MW
entre le 1er janvier 2003 et le 1er janvier 2007.
Les centrales éoliennes pourront être situées sur
l’ensemble des façades maritimes de la France métropolitaine
et devront être implantées sur le domaine public maritime.
La puissance unitaire des centrales éoliennes ne pourra être
supérieure à 150 MW. Les éoliennes doivent être
ancrées sur le fond de la mer.
La mise en service industrielle des installations devra avoir lieu
avant le 1er janvier 2007 et sur une durée de fonctionnement supérieure
à 2.200h / an (des pénalités sont prévues dans
le cas contraire.)
La proposition devra être accompagnée d’une note détaillée
précisant les données expérimentales et théoriques
utilisées.
Les critères de choix principaux des offres seront les suivants
:
L’acceptabilité du projet au regard des autres usages de la
mer, la possession d’un titre domanial d’occupation du domaine public maritime
(ou la preuve qu’une demande est en cours), l’évaluation des impacts
environnementaux du projet, les mesures correctrices éventuelles
prévues et le suivi environnemental du projet, la preuve qu’une
étude exploratoire de raccordement a été effectuée
par le gestionnaire du réseau public de transport ou de distribution
d’électricité concernée, les capacités techniques,
économiques et financières du candidat à réaliser
une centrale éolienne en mer, le délai de mise en service
de l’installation dans le respect de la date du 1er janvier 2007, la réversibilité
(nature et coût) de l’implantation sur le domaine public maritime.
Au Conseil Municipal de Portbail, le 17 février 2004:
C’est dans ce cadre, que Monsieur Bertrand PEUCHOT, représentant
la société EOLE RES, était invité par le Conseil
Municipal de PORTBAIL (MANCHE) à présenter un projet de ferme
éolienne offshore au large de ses côtes, et qui serait le
premier en France.
La salle du Conseil Municipal de Portbail était donc, mardi
dernier, en pleine effervescence.
Du jamais vu : caméras de télévision (FR3), plusieurs
représentants de la presse locale, des représentants du Comité
Départemental des pêches, ainsi qu’une bonne quinzaine de
spectateurs attentifs.
Le projet d’EOLE RES prévoit l’implantation d’une vingtaine
d’éoliennes de 4 mégawatts (soit un total de 80 mégawatts)
à 5 ou 6 km au large des côtes, entre Portbail et Saint Rémy
des Landes.
2 sites sont pressentis : le premier au-dessus des "Bancs Fêlés",
avec 20 éoliennes sur 3 rangées parallèles, le second
plus au sud, au-dessus de "La Jument", avec 20 éoliennes alignées
sur 8 km.
L’implantation des mâts d’une éolienne se fait, moitié
par forage et moitié par battage.
L’éolienne a un mât de 70 à 90 m de haut, des pâles
de 50m. Elle possède un ascenseur, un abri pour naufragés,
un éclairage aérien, des feux de navigation. L’éolienne
est opérationnelle pour un vent entre 6 à 7 m/s et 24m/s,
plus de 3.000 heures par an.
Il n’y a aucune incidence sonore sur le rivage, elle est de 55 décibels
au pied du mât. La zone de sécurité sera définie
par le Préfet Maritime. En Angleterre, elle est de 50 m autour de
l’éolienne. La société EOLE RES possède déjà
un terrain avec un raccordement possible à une ligne existante.
Des retombées financières sont promises, ainsi que des emplois
induits.
La situation actuelle de la fiscalité et les modalités
envisageables de reversement de la taxe professionnelle, pour les communes,
les intercommunalités, le département ou l’Etat, ne sont
pas déterminées et restent à négocier : l’exemple
est donné pour une commune possédant un parc terrestre de
10 Mégawatts qui perçoit 100.000 €. Pour le projet sur la
Côte des Isles, la société prévoit une quinzaine
d’emplois dont 2/3 locaux, avec une structure de maintenance et d’exploitation
sur place.
En ce qui concerne l’impact touristique une enquête est
consultable sur http://www.ame-lr.org/sondage
Des contacts ont été pris avec les compagnies maritimes qui transitent sur cette zone : La Société
Emeraudes Lines serait d’accord pour dévier sa route, et est intéressée
par rapport au tourisme. C’est un plus pour la plaisance.
Quelques conseillers
municipaux s’interrogent, notamment sur le pouvoir décisionnaire
de leur commune. Il leur est répondu que c’est le Ministre, le Préfet
Maritime, le Préfet qui décide. Une enquête publique
va être réalisée, et une étude d’impact va démarrer.
La Commission de Régulation de l’Energie et le Ministère
de l’Industrie gèrent l’appel d’offres. La Préfecture est
le centre d’instruction administrative. Le seul point négatif selon
la Société est l’augmentation des risques d’accidents en
mer. En ce qui concerne l’impact sur la faune, les mammifères s’écartent
pendant les travaux et reviennent ensuite. Pour les poissons, la base du
mât constitue la création de récifs artificiels.
Bertrand
Peuchot conclut : "Notre proposition n’est pas figée. Elle
attend vos commentaires, vos remarques pour évoluer." Le Conseil
municipal est partagé. Mais le Maire Richard YVER annonce qu’il
n’y a pas à délibérer ce soir. Il se dit "relativement
progressiste, et pense à nos enfants et petits enfants à
qui il faudra laisser des énergies renouvelables et non polluantes."
Le Président du Conseil Général, Jean-François LEGRAND
rencontré le 19 février, affirme qu’il faut des énergies renouvelables.
L’hydraulique, c’est fini, l’éolien c’est bien mais pas n’importe
où, pas n’importe comment. C’est pour cette raison qu’il a déposé
une recommandation au Conseil de l’Europe pour que soit organisé
une véritable consultation des usagers et populations locales concernées.
Le responsable Offshore de la Société rencontrera les pêcheurs
pour leur présenter le projet le 3 mars prochain.
Bernard Mollet - le 20 février 2004
|